A la ville

Comme les gens le savent, tant je l’ai rabâché, j’ai quitté ma petite campagne bretonne , ma petite ville au centre de la forêt pour la ville. Je vis au cœur de la ville ancienne, entouré de pierres blanches, de vieilles rues tordues, et la Loire coule à une rue de chez moi.
Avant j’étais appelé par la forêt, lorsque je la voyais du haut des collines. Je cueillais des plantes magiques en murmurant des mots doux, j’allais parler aux grands chênes pour qu’ils me transmettent de bons conseils. Je faisais de grosses offrandes. Je tentais de chercher ma place parmi la nature, en écoutant ses magnifiques préceptes.
A présent, les choses ont changé. Le changement d’environnement y a bien sûr grandement participé, mais je pense surtout que c’est une évolution personnelle, la suite de mon cheminement.

Je ne suis plus entouré de nature. En tout cas pas directement. Les contacts avec mes plantes adorées sont appauvris, je suis un peu moins à l’écoute des éléments naturels, ou bien le fait d’être en ville fait que je les ressens moins bien. Je continue de suivre le vent, d’entretenir une relation ambiguë avec la Loire, mais clairement, le fait d’être coupé des champs, de la forêt a été sacrément conséquent. Disons que j’ai le sentiment de ne plus avoir à portée de main pas mal d’alliés précieux. Ils sont toujours là, il n’y a pas de rupture, c’est juste que concrètement, c’est compliqué ( je fais quand même des petites virées forêt de Sologne quand j’ai besoin de respirer avec des amis, et je me sens le bienvenu).

Et malgré tout je ne me sens pas malheureux. J’ai un peu évolué, je me suis débarrassé de pas mal de choses qui désormais ne me servent plus. J’ai compris que l’image du gros rituel plein de bougies et de révérences était surtout un fantasme pour moi. Je ne dis pas que je n’en referais pas, mais à ce jour, je n’en vois pas l’utilité dans ma pratique. J’ai simplifié ma pratique en fait quand j’y pense, et je ne me mets plus de pression par rapport à ça.
De vieux rites restent : le cigare à ma fenêtre le soir pour les esprits de la Nuit, les fumigations, je continue de me tondre les cheveux en offrande à certaines pleines lunes, à laisser un verre d’alcool aux esprits, les claques dans la figure à chaque nouvelle Lune (et Pleine Lune maintenant, pour pas perdre le rythme) …
Et de nouveaux sont arrivés : l’amitié naissante avec les petites araignées vivant dans mes poutres, les promenades nocturnes en bord de Loire, mes petits graffitis de symbole magiques, les samedis matin aux puces (la mine d’or des sorciers, en vrai !) …

Si la ville m’a coupé de mes alliés de la campagne, elle m’a également poussé à creuser ailleurs. Je cherche désormais ma place parmi les hommes. Je suis davantage  intéressé par les autres, les fonctionnements sociaux, les relations humaines, et comment moi je veux me placer dans tout ça. Mon sombre cœur de sorcière se repaît des émotions qui m’entourent (je suis encore plus éponge qu’avant), et mes yeux de crapaud se délectent des moindres détails des échanges verbaux, physiques, émotionnels de mon entourage. Et c’est fascinant. En disant ça j’ai l’impression de découvrir le monde comme un homme sauvage, mais c’est que j’y fais maintenant plus attention, puisque je veux m’y impliquer plus hardement. Toute l’école a pigé que j’étais la sorcière, et j’ai eu le bonheur de découvrir quelques petits sorciérons si chouettes autour de moi !
Alors comme je l’avais tant souhaité autrefois, je mets ma magie au service des autres : je lis pour eux dans l’encre ou les couleurs, je leur prépare des tisanes chargées de magie, j’ensorcelle la bouffe, et je discute sur l’amour et la nourriture, parce que ce sont les deux meilleurs sujets de conversation qui soient.

Mon changement d’environnement a clairement redéfini ma manière de pratiquer et mes intérêts, mais ça s’inscrit dans une évolution personnelle en fait. Je pense sans me tromper que tout ça est arrivé au bon moment, puisque je mène maintenant la vie palpitante dont j’ai rêvé !

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And on wednesday I wear black.

Nuno

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Ces éternels contrastes par Loü
Une sorcière et des moldus par Lyra
Sorcière des Villes, Sorcière des Champs, par Rhi Peann
La maison à l’angle avec trois chats, par Brume Follet
« Ici commence le court bonheur de ma vie », par Yume

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Le repaire de sorcière

Je comptais à la base poster un article de dépressif sur le bilan de mon été, lourd, sinistre et boulifiant, et puis comme ma journée a été très chouette, que la plupart de mes journées sont très chouettes depuis que je vis à Orléans, j’ai décidé de vous épargner.

Mon appartement dans le centre est très sympa, so witchy ! J’ai pu pratiquer un premier rituel dedans, mais alors du genre lourd, avec un cercle tracé à la craie, plein d’offrandes, des formules magiques … Le genre de rituel qu’il m’était impossible de faire depuis des années, quand je ne vivais pas seul. Je découvre avec allégresse les joies de pratiquer tranquillement, sans colocataire à prendre en compte. Et je comprends aussi pourquoi tout ce temps ma pratique était assez restreinte.

Concrètement, je peux danser, pratiquer, chanter complétement nu (en fait c’est génial !), faire bruler toutes les plantes que je veux sans que j’ai la réflexion « c’est quoi ta chnouffe encore ?! » , pratiquer au beau milieu de la nuit, ensorceler les chats de mes voisins, accomplir des rituels qui nécessitent des choses socialement étranges (genre laisser pourrir des trucs sur le rebord de la fenêtre, stocker des cœurs de dinde dans mon réfrigérateur, me badigeonner le corps de substances louches, laisser macérer des ingrédients douteux dans des pots…)  Le pied. NUNO DECOUVRE LA LIBERTE. WOOT WOOT.

Le but pour moi, pour cette nuit sans lune et la période de lune croissante qui va suivre, va être de bosser sur mon appart. Il est vieux, pas droit, plein de poutres, et surtout a un bon potentiel pour devenir un véritable repaire de sorcière ! Donc mon objectif sera de créer une bonne protection autour après l’avoir purifié, trouver un moyen d’utiliser les vibrations des poutres (parce qu’elles dépotent en général les poutres, donc autant bien les utiliser, plutôt qu’elles ne deviennent des gros barrages énergétiques comme souvent). J’ai aussi utilisé la magie des miroirs, redoutables outils, pour protéger ma maison

Mon autel est très chouette. J’ai accroché mes petits crânes adorés, pour veiller sur moi. Quelques grosses bougies, un pichet rempli de smugdes divers, et deux trois bricoles magiques.

Venez donc prendre le thé 🙂

I will come to your river

Oui oui, pas grand chose depuis un moment. Je vis un été assez chargé et pas mal d’événements plus ou moins compliqués à gérer. Enfin tout ce que vous devez savoir, c’est que je pars vivre à Orléans en septembre ! Oui, la ville de la Pucelle m’ouvre ses portes. Donc c’est un changement radical : je vais vivre seul dans un appartement en plein centre ville, dans une ville où je ne connais personne, et surtout, pas à proximité d’une forêt ou de champs où je pourrais récolter mes chères plantes. Frissons. Je vais devenir une vraie sorcière des villes.

Heureusement sur place, en cherchant mon appart (en galérant bien), j’ai trouvé une alliée de choix. La Loire. Oui oui, le fleuve qui traverse la ville est d’une puissance telle, que lors de ma première visite, je suis resté complètement scotché. Je m’entends généralement très bien avec l’eau, que ce soit la mer, les ruisseaux, les fontaines… Elle a un effet très stimulant sur moi, et fouille bien profond dans mes tripes (rhhhhooo). Je m’y sens lié, et je salue toujours l’eau en m’alignant avec elle, par une bénédiction qui m’est chère. L’autre jour, je cherchais désespérément l’appartement de mes rêves en ville, après des visites plus ou moins concluantes. La sorcière que je suis a eu l’instinct d’aller d’abord à la cathédrale Sainte Croix, pour allumer un cierge et prier la Vierge pour m’aider à trouver un appartement, elle qui règne sur la ville (sa cathédrale a une place de choix et surplombe tout le centre). Puis j’ai senti au fond de moi un appel. Il ne venait pas des belles voûtes de pierres, mais de l’extérieur. Je voyais des eaux sombres et puissantes s’écouler, brunes et vertes, accompagnées d’un sentiment de pouvoir comme je le ressens lorsque j’ai affaire à de grands esprits. Alors j’ai quitté la cathédrale et je suis allé à la Loire. Je l’ai prié de m’aider, elle qui règne sur la ville tout comme la cathédrale. Je lui ai jeté en offrande quelques pièces (je n’avais que ça). Une demi heure plus tard, je tombais par hasard sur un appartement à louer, l’annonce venait d’apparaître. Un coup de fil et je visitais l’appartement que je vais habiter cette année, et qui correspond parfaitement à ce que je cherchais.

La Loire, c’est du lourd, et je pense que je travaillerais souvent avec elle. Et je pense que la cathédrale m’a bien aidé aussi. Cela confirme ce que j’ai toujours pensé : je préfère travailler avec des esprits locaux ! Lisez donc cet article de Green Stag, qui donne 5 raisons de travailler avec eux plutôt qu’avec de grandes divinités : Five Reasons You Should Work With Local Spirits

 

Oh et écoutez donc cette chouette chanson (et matez ce clip !) de Ibeyi, River, qui est en fait une véritable prière dédiée à Oshun, et qui pourrait si bien s’adapter à une prière à n’importe quelle rivière ! Les paroles ici

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Mélanger mon sang au jus frais des mûres, cracher dans l’eau lustrale. Cogner sur un tambour sourd pour appeler à moi les esprits, dans les lumières rasantes du soir, brûler de la lavande pour les aider à me quitter. Boire du vin et de la liqueur sirupeuse. Chanter à gorge déployée. Pratiquer torse nu, battre le rythme, fumer de l’armoise.

Courir dans les champs. Me coucher dans un lit de Millefeuille, manger les fleurs. Prier l’Ortie, prier Sainte Circé, prier l’Esprit Rouge du Chemin. Brûler du benjoin quand le foyer grince et souffre, de la sève de pin quand on a besoin de force et de chaleur. Douter, prier, se questionner. Etre conscient.

S’immerger dans l’eau de mer, creuser la terre noire à mains nues. Voir les collines bouger comme les vagues. Lire le Kalevala. Boire du Lapsang en racontant des histoires graveleuses. Lire les lignes de la main et embrasser.

Suivre l’instinct et le cœur, être à l’écoute. Aimer, avoir peur, se terrer et flamboyer. Boire encore un peu de thé, laisser une offrande de fromage pour remercier. Apprendre les gens, écouter les personnes agées. Peindre mon corps de symboles, mâcher, gratter. Revenir à Alela Diane, toujours,  parce qu’elle a un pouvoir. Taylor Kirk.

Faire l’amour comme une bête, avoir une fourrure, saliver et saisir. Oser. Etre muet devant la Nuit, la puissante, celle qui chante nos peurs en silence. S’enduire d’un baume collant. Se bénir par l’eau pour mieux voir, mieux sentir, mieux entendre, mieux parler, mieux aimer. Etre là. Se perdre dans les flammes et la contemplation. Pleurer en écoutant les souvenirs des montagnes.

Apaiser les défunts, verser trois gouttes de sang sur un mouchoir pour veiller sur une personne qui m’est chère. Regarder mon miroir, regarder les visions. Tracer des croix à l’eau sacrée sur les portes et les fenêtres. Nourrir les esprits, enfumer les crânes, oindre d’huiles parfumées les talismans. Accrocher des branches de pin au dessus du lit lorsque je suis malade. La sauge pour bénir.

Accepter. Ecouter le vent. Ecouter Alice Cooper. S’ouvrir et toujours apprendre. Continuer d’attirer les araignées. Porter une labradorite.

A suivre.

Mise à jour

Je m’étais beaucoup éloigné de ma pratique magique et animiste ces derniers temps (vous avez du le remarquer vu le délaissement de mon blog), une période de vide et de recherche, pleine de rebondissements qui m’a complètement coupé de ma spiritualité. Mais comme m’a si bien expliqué un ami somathopathe en buvant une bouteille d’eau : Que fait-on quand c’est plein ? On vide, pour laisser place au neuf.

Et avec le recul, je me rends compte que j’ai pas mal évolué, et que cette période vide, a finalement été la plus riche en évènements que j’ai connu (oh, j’ai que 20 ans hein !), tellement que j’ai pensé m’être perdu dedans. BUT I’M BACK BABY ! J’ai appris énormément de choses, je me suis renforcé et je ressors plus riche. J’en parlais avec mon ex l’autre jour, et on se disait que justement ces périodes, ces évènements qui nous heurtent et nous poussent dans nos retranchements, nous font en fait évoluer. A quoi bon stagner ? Tout bouge dans ce monde, tout change, alors il faut savoir bouger avec lui.

Je replonge avec plaisir dans ma pratique, et je la sens tellement plus forte désormais. Je me rends compte que certaines choses que je faisais autrefois ne fonctionnent pas très bien finalement : se forcer à faire des choses que l’on ne ressent pas, utiliser un gros encens en grain pour rendre hommage à des petits animaux défunts (ils aiment pas ça), bâcler la bénédiction des plantes … Je suis mon intuition et les enseignements de mes guides (notamment une guide en particulier ) et je me rends compte que mes croyances, ou du moins mes préférences de culte ont évolué elles aussi. Je suis animiste, mais j’ai désormais plus de mal à être polythéiste. J’ai ressenti les énergies de différentes divinités dans mon parcours, j’ai rendu des rites à certaines, mais je dois avouer que leur approche me questionne. Mes cours d’archéologie ne sont pas anodins à ce questionnement, puisque l’on apprend comment les panthéons d’une civilisation ont pu être intégrés, accueillis et déformés par d’autres civilisations. Beaucoup de modifications, d’assimilations à d’autres divinités, souvent dans des buts politiques. Il était tellement facile dans le monde grec et romain d’instaurer un nouveau culte.

Donc pour ce qui est des dieux, je prends le temps qu’il faut. Les seules divinités envers qui je reste fidèle sont Aphrodite, Isis, Herne et deux trois autres. En revanche, je rends grâce à une foule d’esprits, attachés aux arbres, aux lieux, aux animaux … Je laisse des offrandes aux effrayants esprits de la Nuit, aux fées de la Haie de ronce, je parle régulièrement à un chêne qui m’a donné un peu de sa force pendant ma période sombre, je rends hommage aux esprits défunts et les aide à rejoindre la Grande Mère, je prie beaucoup…

J’ai repris ces derniers jours une activité magique un peu plus poussée, où j’ai confectionné quelques potions et onguents, en bénissant correctement mes plantes, j’ai aidé un petit Merle mort complètement effrayé à accepter sa mort et retourner à la terre. Tout m’a semblé aller de soi, j’étais confiant et respectueux. Trois fois est apparu le Paon du Jour, une bénédiction de ma guide spirituelle qui m’encourage dans mon parcours de sorcier. Et je ne me souvenais pas que les émotions lorsque l’on travaille avec des énergies et les esprits étaient si fortes. Passer du rire aux larmes m’a étonné, et puis je me suis souvenu que c’était pareil avant. Il va falloir que je pense à bien me purifier pour ne pas être trop submergé.

Et quand on s’ouvre à la magie, elle vient cette chipie !

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Imbolc du matin

J’étais à Caen ce week end, je n’ai donc pas pu fêter Imbolc rituellement, même si l’énorme orgie familiale de raclette, de crêpes et de pâtisseries de dimanche était  en soi une célébration. Ce matin j’ai ressenti le besoin de célébrer intimement la douce lumière de Brigid qui venait lécher la vitre de ma chambre. En me levant, j’ai ouvert les volets, pris un petit temps pour souffler et j’ai récité la Bénédiction de Brigit, tirée du Carmina Gadelica (un recueil de formules et de charmes écossais )

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Après le petit déjeuner, je me suis mis au boulot ! J’ai brulé de la Ronce, traditionnellement brulée par les sorcières pour bannir la négativité et les mauvais génies. Toute ma chambre a été imprégnée de fumée épaisse et âcre, au notes de feu de bois, tandis que j’ordonnais aux mauvaises poussières de quitter sur le champ ce lieu qu’elles avaient déjà trop hanté, par la force de la ronce, par la Lumière de Brigid et par ma parole. La fumée s’est échappée par la fenêtre ouverte.

J’ai alors allumé un encens à la rose, sucré et doux. J’étais à la fenêtre, en train de prier en souriant que les bons esprits suivent cette douce odeur et viennent à moi. J’ai d’un coup été emplis de joie, je souriais bêtement, et ma voix était rieuse, sans que je sache pourquoi. J’ai vu ma voisine par la fenêtre, caressant un chat du quartier, et ce spectacle banal m’a emplit de bonheur. C »est bon, les bonnes vibrations étaient visiblement là. J’ai laissé sur l’autel un verre de lait au miel, auquel j’ai ajouté une cuillère d’un parfum que j’ai fabriqué à base de rose, de clous de girofle et de racines d’iris. Le lait sentait le chaï tea, et je n’ai pas pu m’empêcher d’en boire une gorgée. Que de douceurs !  J’ai prié Brigid de me donner l’inspiration et la créativité dans tout ce que j’entreprenais pour cette nouvelle année.

Sinon sinon, quelques petites nouvelles : Ce week-end donc j’étais à Caen, en visite chez ma famille. Je suis allé au musée des Beaux Arts, pour dessiner et m’entrainer au dessin d’observation. Et le soir, je suis allé chez un antiquaire brocanteur. J’ai toujours adoré ces lieux où les vieux objets et les vieux meubles s’empilent. Je me plais dans leur poussière et leur histoire. C’est dans les brocantes que j’ai beaucoup de visions et d’idées nouvelles : il s’agit d’écouter ce que les vieux objets ont à nous raconter. On voit des scènes tellement improbables : des labyrinthes d’armoires et de commodes, des trentaines de miroirs accrochés qui vous reflètent chaque fois différemment … C’est justement dans les miroirs que l’on m’a chuchoté l’idée de placer un miroir sur mon autel. Je ne sais pas pourquoi, mais cela m’a tout de suite semblé couler de source. J’ai donc placé mon miroir de divination trouvé chez un antiquaire lui aussi au centre. On verra bien ce que ça va donner.

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L’autre jour, le facteur m’a apporté une petite merveille très witchy : une peau de crapaud ! Je bavais dessus depuis quelque temps, m’étant informé sur la race, la provenance de ces batraciens et l’éthique de la boutique, et j’ai finalement craqué. C’est une peau de Bufo Marinus, une espèce qui pullule et devient nuisible. Leur peau produit une substance toxique, la bufotoxine, qui protège le crapaud de pas mal d’animaux. L’homme n’a pas grand chose à craindre, sauf quelques hallucinations s’il l’ingère. D’où embrasser le crapaud dans les contes, qui fait croire aux princesses qu’un prince sexy apparait. Elle est plus petite que je ne le pensais, je ne sais donc pas exactement ce que je vais faire avec, mais je sais en tout cas qu’avant la prochaine pleine Lune, un fétiche sortira de tout ça !

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Et dernière new (qui n’est plus vraiment d’actualité, mais j’avais envie d’en parler), et après j’arrête de vous embêter, si vous avez lu le dernier numéro de Lune Bleue qui est sorti il y a peu, vous avec surement lu l’interview de Branovalos Duxtir, la fondatrice du coven Ignis Daemonis (voici leur site) ! Et bien je suis très fier, parce que non seulement j’aime les traditions que suit ce coven (et que sa fondatrice est cool), mais en plus, c’est moi qui ai dessiné leur bannière ! Je suis Joie et Allégresse, de retrouver ma création sur le magazine 😀

Sur cette petite note d’autosatisfaction, je vous souhaite un joyeux Imbolc en retard!

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Le rituel du soir

La Lune est si belle ce soir ! En promenant mon chien tout à l’heure, j’ai aperçu un petit esprit bleu dans la nuit, qui semblait attendre à la fenêtre de ma chambre. Je ne suis pas clairvoyant,  je ne vois pas l’Invisible, mais il arrive que mon œil ou mon esprit soit stimulé par un infime raison, ne serait-ce qu’un souffle de vent dans la pénombre ou près d’une rivière qui chante, et il m’est alors donné d’apercevoir furtivement quelque chose, ou au moins ressentir quelque chose assez fort pour sembler le voir.

Cela m’a rappelé qu’il n’y a encore pas si longtemps que ça, je faisais certains soir une offrande aux troublants et malicieux esprits de la nuit de mon balcon, en leur racontant ma journée, pendant qu’ils dévoraient avidement la fumée d’un encens ou un verre d’alcool. Au crépuscule, je prenais un temps pour moi, je me posais dans ma chambre, j’allumais les bougies à mon autel, un peu de thuya, un peu de bonne musique. C’était un moyen de me recueillir, de me rapprocher quotidiennement du sacré, des esprits qui me guident…

J’ai un jour arrêté de faire ça. Quelques évènements ont fait que je me suis éloigné de tout ça, de la spiritualité, de la magie. Oh elle était toujours là bien sûr, mais vraiment très fragile, complètement ébranlée par pas mal de remise en question. J’ai beaucoup douté dernièrement, de mes croyances, pas vraiment, mais surtout de moi. Retrouver une confiance en soi est un parcours plein d’étapes, cela demande du temps et de la patience, pour pouvoir se retrouver. Aujourd’hui je sens que ma façon de vivre ma spiritualité reviens aux sources. J’ai de nouveau allumé mes bougies, offert un verre de Vodka aux fruits des bois à mes esprits-guide, et placé un quartz doré sur ma vieille clé, pour m’ouvrir sur le chemin de guérison.

J’ai aussi versé un alcool d’hiver pour le petit esprit bleu qui attendais à la fenêtre, en chantant une rune que j’ai l’habitude de chanter aux Phoukas et autres Nuitons, il avait l’air content ! Et moi aussi, c’est bon de retrouver ce petit rituel qui m’était si cher !

Maman d’Lo

Je remets ce texte que j’avais écrit sur l’autre blog, il y a un petit moment :

Mes parents se sont rencontrés sur la grève, animés de la même fascination pour la Mer et sa robe bleue. Ils y sont liés, attachés par le fond de leur entrailles, elle est en eux. Ils se sont aimés et ils nous ont eu, ma sœur et moi, avec nos yeux bleus, et nous sommes partis vivre dans le Golfe du Morbihan, dans une petite maison de pêcheur aux volets bleu breton, avec des roses trémières et un pommier dans le jardin.

Tous petits, la Mer a été notre nourrice. Elles nous a appris à nager, rire, pleurer, rêver et mieux dormir. On partait sur les îles en bateau, on y passait la journée avec deux trois sandwichs et beaucoup de BN. On ramassait des coquillages, des cornes de licornes, des chapeaux chinois, des coquilles et des étoiles de mer. A quatre-cinq ans, on avait appris ma sœur et moi à offrir de fleurs à la Mer. Notre grand-père éteignait les lumières et faisait des étincelles en frappant les galets trouvés sur la plage l’après-midi. Lorsque l’on sortait de l’école, on allait se baigner. On a eu la chance de voir des dauphins jouer à quelques mètres de nous. On faisait des grandes balades sur les chemins côtiers, on mangeait les bars qu’on avait pêchés, on courait après les mouettes. Nos voisins, c’étaient les pêcheurs du coin, avec le visage buriné et tanné, dans leurs grandes bottes caoutchouc et leurs cirés. Il y en avait un qui avait un perroquet, qui s’arrachait lui-même une plume pour nous la donner quand on pleurait.

C’est comme ça que nous avons grandi, en buvant la tasse et en inspirant l’iode. A manger des tartes à l’abricot sur la plage, à fabriquer des bidules en bois flottés et en coquillages. On allait le soir regarder le Soleil plonger dans l’eau et disparaître dans ce légendaire éclat vert, on pataugeait, on se foutait du sable dans les yeux et on dessinait des poissons et des sirènes.

Maintenant, on n’habite plus à la Mer, et putain ça nous manque. On a du sang de marins, moitié globules rouges, moitié saumure et elle nous manque, la Dame lunatique qui nous berçait. Je m’en rends de plus en plus compte. J’aime l’endroit où j’habite, mais c’est tellement bon de la revoir, de s’y baigner, de partir boire son thé sur le sable et de tremper les pieds dans l’écume. On se sent tellement fort, nostalgique un peu et surtout on est de cœur à tout affronter. Tous les souvenirs remontent, les émotions, les sentiments. Tu m’étonnes que les plus belles histoires d’amour sont liées à la Mer. C’est la vie qui coule et qui bouge, qui vient et qui repars, qui prend et qui donne. C’est mon enfance, mes souvenirs . . .

Les yeux dans la Haie

Je me promenais l’autre jour dans un de mes lieux de pouvoir (dans le sens où le genius loci et les énergies de ce lieu résonnent comme une guimbarde dans mon cœur à m’en donner mal à la tête), à savoir un coin de la Baie du Mont Saint Michel, un gigantesque pré salé vert, à moitié rongé par la mer et la tangue grise. Une haie magique garde l’entrée de ce lieu. elle le coupe des prés cultivés. Lorsque je vais dans cet endroit, j’aime longer un moment cette haie, en sachant qu’ensuite, je parcourrais l’immensité du pré salé l’esprit dans un autre monde.

Je longeais donc la Haie, de sureaux, d’aubépines, de prunelliers, de ronces, d’orties, d’églantiers, avec toujours ma petite curiosité végétale, toujours en quête de trouver certaines plantes médicinales. Et là je l’ai vu. Ses deux yeux me regardaient entre les feuilles, cachés dans l’ombre. Pour seul visage, il avait des feuilles de ronces et d’aubépine. Il m’épiait avec malice, comme un Puck rieur. Mais il y avait aussi dans son regard une indescriptible omniscience supérieure, comme s’il était partout à la fois et qu’il connaissait le monde. Ou les mondes. Je suis resté fixé là, devant la Grande Haie, hébété et sans voix. Le Greenman m’était apparu. L’Homme sauvage, le maître des bêtes et des plantes, le sylvain. Moi qui pensais ne jamais avoir affaire à lui, ou en tout cas pas maintenant !

Le reste de ma promenade a été incroyablement fort. J’ai marché sur une prairie entre terre et mer, parmi les moutons vivants et morts. J’ai couru effrénément avec mon chien sur des butes effondrées, je me suis allongé dans des cratères verdoyants. Le ciel était immense, la mer grise. J’ai plongé mes mains dans la vase, j’ai chanté sur les cadavres que je croisais, j’ai traversé des rivières où nos pieds s’enfonçaient jusqu’en haut du mollet, j’ai ajouté des pierres aux cairns… Tout cela m’a paru tellement fondamental, essentiel. J’avais la conscience que dans la Nature, l’Homme ne vaut pas plus qu’un mouton dans ce pré. Tout était lié. J’avais l’impression de marcher dans l’Univers.

Je sais que le Greenman y est pour quelque chose, de cette balade connectée qui m’a semblé une éternité. Et je l’en remercie énormément !

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Lumière et ombre, suite

Voila un peu plus d’un an maintenant que j’apprends  à comprendre, assumer et utiliser l’influence du Soleil. Durant ces mois, je sens que j’ai beaucoup changé, extérieurement comme extérieurement. Je me suis concentré sur cet astre, apprenant avec curiosité comment il agissait sur moi, sur ma façon de me conduire avec les autres. J’ai beaucoup appris, j’ai fais des expériences formidables, j’ai osé faire beaucoup de choses. J’ai appris à ne pas avoir peur des gens, à persévérer (le Soleil a su aiguiser ma volonté émoussée) et à me recentrer, à m’ouvrir, à profiter du moment présent. J’ai appris un formidable rituel solaire grâce à mon guide Paon qui tourne le négatif en positif, j’ai débloqué certaines émotions. Le Soleil a donné un goût d’aventure et de folie à ma petite vie, un certain élan. Un enseignement formidable que m’a offert Papa Sol, car j’en ai également vu les limites et les inconvénients.

J’en ai oublié la Lune, Mama Luna qui toujours a veillé sur moi. Je l’ai un peu négligé, et je sens que son pouvoir, sa magie qui m’est pourtant si indispensable m’a quelque peu abandonné, ou plutôt est-ce moi qui me suis fermé à elle en me concentrant sur l’astre du jour. Et j’ai beaucoup perdu de ce côté-là : l’inspiration, la rêverie, l’imagination, la créativité, des notions qui sont pourtant fondamentales pour moi. Je me surprends même parfois à bouder la sorcellerie, alors que je sens que mon cœur veut y retourner, mais s’emprisonne dans les rais de lumière de l’astre de feu. Et j’ai parfois l’impression d’avoir perdu un peu de profondeur. J’ai expérimenté le trop de lumière et pas assez d’ombre. Et la lumière sans ténèbres est superficielle, vide, fausse. Trop de lumière est un mensonge aux autres et à nous-même, car elle  ne sublime uniquement que les choses que l’on veut montrer, et cela a un vilain goût de faux.

Maintenant que j’ai eu un bel aperçu de la lumière, du Soleil dans ses côtés tellement glorieux et incroyablement forts mais aussi ses travers hypocrites et détestables, l’ombre et la Lune me manquent. J’ai une folle envie de replonger au fond de moi-même, de retrouver ma magie et mes mystère, de mettre les mains dans la boue pour chercher les trésors qui se cachent en moi, chercher dans la boue des autres aussi. J’ai de nouveau envie de frissonner le soir quand je fais une offrande aux esprits de la Nuit, de laisser mon esprit vagabonder dans d’autres mondes, inventés ou inspirés, de raconter des histoires emmitouflé dans une couette …

J’ai besoin de retrouver un équilibre entre Lumière et Ombre, avec l’aide du Soleil et de la Lune et des mes guides. A la nouvelle Lune, je lui rendrais hommage, à ma douce Dame Lune que j’aime tant. Je lui ai concocté un petit encens parfumé et sucré à base de rose, et lui ferai des offrandes et des prières pour renouer doucement avec elle.

L’équilibre, c’est la clé !

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