Le vent doux, l’angélique, le nomade

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Je ne sais pas exactement qui lira cet article, maintenant que la Messe des Pâquerettes est en hibernation depuis à peu près un an et demi. Mais bon, allons-y.

Ces jours pluvieux de juin, que je passe à marcher dans les champs de hautes herbes, à me faufiler entre les tiges trempées d’angélique sauvage et de digitales roses m’ont donné envie de revenir caqueter par ici. Je n’avais plus envie de raconter quoi que ce soit, plus le temps ni même la patience. Et pourtant, il y avait pas mal de choses à raconter. Ma vie a beaucoup changé, mon état d’esprit, mes intérêts aussi. Bref, je n’ai pas envie de m’étaler là-dessus, mais retenez que je suis heureux et épanoui.

J’écris ici car comme je l’ai toujours fait, j’ai besoin de mettre à plat les avancées de ma quête. Les expériences, les gnoses, les intuitions continuent d’affluer en moi et me remplissent. Aujourd’hui je les écoute plus qu’avant et j’ai encore plus libéré ce que je peux difficilement encore appeler ma « pratique ». Je ne fabrique plus autant d’encens ou de recettes magiques, ni d’objets (que je n’utilisais pas vraiment), et je fais moins de rituels surtout. De un parce que je ne vis plus seul et que sorcellerie et colocation font rarement bon ménage, et parce que je suis tout simplement moins amené à en faire.

Le dernier a fini en une sorte de délire masochiste à coup de cire fondue sur le corps dans un cercle de craie et a laissé quelques marques sur le parquet du salon. Et bien que je souhaite en faire plus souvent, je me rends compte que ma pratique personnelle et solitaire ne va plus vers cela. Je suis plus économe, plus ponctué. Je dirais aussi qu’une pratique solitaire ne me convient plus dans le sens où le statut de « sorcière »comme j’aime le revendiquer ne s’applique je pense qu’au regard d’un communauté. Tu comprends, c’est un peu baisé au bout d’un moment de faire des sorts shitty pour soi-même, pour tout et rien, au lieu de s’impliquer un peu dans son entourage et guérir tes amis.

Je me sens plus que jamais sorcière cela dit, sale sorcière, queer et furieuse. Je parle aux plantes, je lis les lignes de la main quand je suis saoul, je tire le tarot aux copains à l’apéro, je chante pour les rivières et les vents, je concocte des baumes cicatrisants et des huiles d’amour pour les gens qui m’en demandent, j’ensorcelle mes amants, j’écoute mon intuition, je parle aux esprits quand je les croise et je tente de répandre un peu de magie dans mon travail… Disons que j’ai gagné en hargne et en engagement, et aussi je me sens plus nomade, je largue les amarres, je marche sur une dune de sable qui déjà s’échappe sous mes pas. Si j’essayais de définir des bases avec tout mon bric à brac, à chercher un semblant de pierres dures auxquelles m’accrocher, maintenant tout ceci s’envole en fumée.

J’ai enfin accepté que tout est changeant, tout bouge et danse. Je crois en l’inconstance, et en l’immensité. Et je ressens plus que tout cet amor fati, ce vent rouge et chaud qui vient parfois souffler à ma fenêtre, et appeler mon cœur d’une voix douce comme la figue, pour me parler des choses qui arrivent, ou que j’attends. Tout ça est encore un peu confus.

Aujourd’hui, j’ai rendu rituellement à la terre un bon nombre de choses du passé, vieilles plantes, os, grigri, ingrédients, en appelant les puissants esprits de la Haie à les absorber et disperser les énergies poussiéreuses. En échange, ils voulaient de la viande en offrande. Soit. Je veux me débarrasser de toutes ces énergies que j’ai laissé trainer partout, dans tout ce bazar, tous ces objets, ces amulettes … Si je dois refaire certaines choses, je les ferai mieux.

Je ne peux pas vous dire que je vais de nouveau poster régulièrement ici, et je m’excuse si ce post était très confus, mais ça sortait un peu tout seul et pas dans l’ordre.

 

Demain je m’habillerai de cendres à l’aube
Me remplirai la bouche de fleurs
Dans la simple mémoire d’un mur
j’apprendrai à dormir
dans la respiration
d’un animal qui rêve.

Alejandra Pizarnik

Ombres du jour à venir
à Ivonne A. Bordelois 

 

Bisous

sinon j’ai Instagram pharamique

Photographie de Crystal Cinema, performance de Marina Abramovic, 1990

 

 

 

 

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